Ginette, 55 ans – Femme
ayant eu une investigation qui s’est avérée
négative
Tout commence le matin où je reçois la lettre me
suggérant d’aller passer une mammographie de dépistage.
Je m’y rends avec toute l’insouciance possible puisqu’il
n’y a aucun cancer du sein dans ma famille.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’on me téléphona
pour me parler de la nécessité de passer des examens complémentaires, dont une biopsie.
Ce fut un choc. Je vivais de la colère, je m’en
voulais d’être allée passer cette mammographie. Maintenant, j’étais dans un état d’inquiétude
très important. Ma vie aurait continué comme avant et je ne serais pas préoccupée. Je regrettais de
faire partie du Programme de dépistage. J’ai réagi fortement, j’avais peur de mourir, je pleurais, je me suis
trouvée en état de choc devant l’attente des résultats. Moi qui me sentais à l’abri,
je me sentais anéantie, je ne me reconnaissais plus. Je n’avais toujours pas encore les résultats, mais j’étais
certaine d’avoir le cancer.
Après avoir lu le carton mauve, que j’avais reçu
en même temps que la lettre de résultat, et sur lequel on pouvait lire qu’il y avait une ressource à
qui je pouvais parler, j’ai tout de suite compris que si on offrait ce service, c’est qu’il y avait
d’autres femmes comme moi qui pouvaient vivre de l’anxiété et que c’était un besoin.
J’ai donc téléphoné, j’avais
les émotions « à fleur de peau ». Après avoir parlé longuement, après m’être
sentie écoutée par quelqu’un qui connaissait
ce qu’on peut vivre dans l’attente, je me suis sentie apaisée.
J’ai pu la rencontrer quelques fois et j’ai réussi à mettre des mots sur ce bouleversement.
Ce fut l’occasion d’une prise de conscience sur
ma vie de couple, ma famille, mes amis, mon travail. Je voulais prendre ma place « au sein de moi-même
». Je voulais la santé, je réalisais que la vie est
fragile et je voulais vivre!...
Finalement le résultat final était bénin.
L’expérience que je « maudissais »
a été finalement l’occasion de me situer avec
et dans « mon monde » que j’aime. En fin de compte, d’avoir
de l’aide à cette étape, qui pour moi était
très anxiogène, a été très positif.
J’espère que toutes les femmes vont se permettre
de passer une mammographie de dépistage, c’est très sérieux. J’ai réalisé
qu’on se perd de vue rapidement, nous les femmes, et nous
avons la responsabilité de prendre notre santé en main.
Ma réaction vous semble peut-être exagérée,
mais cet état de déséquilibre m’a permis
de me choisir et j’ai la chance que l’investigation soit
bénigne! Encore une fois, n’hésitez pas!
Août 2004